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Conclusions sur Psyché


1) On ne voit pas pourquoi, si Corneille avait été le «nègre» de Molière depuis plus de dix ans, il n’aurait pas fait pour Psyché comme pour tout le reste de l’œuvre, c’est-à-dire en composant secrètement lui-même la totalité de Psyché.

2) On ne voit pas pourquoi, si Corneille avait été le «nègre» de Molière depuis plus de dix ans, il serait apparu au grand jour pour Psyché (démontrant ainsi qu’il était capable de versifier les trois quarts d’une pièce en quinze jours), alors que sept ans plus tôt, dans les mêmes conditions, il n’était pas intervenu pour permettre à Molière d’achever la versification de La Princesse d’Élide (une pièce qu’il aurait pourtant lui-même écrite selon Louÿs et ses disciples).

3) On ne peut pas expliquer plus clairement que lorsque «le grand Corneille» intervient comme collaborateur, sa collaboration ne doit surtout pas rester secrète.

4) Si Molière a pu ainsi affirmer publiquement qu’il était l’auteur d’une partie de la versification de Psyché, sans crainte de pouvoir être contredit par quiconque, c’est bien parce qu’il jouissait d’une réputation incontestée en ce domaine, et qu’il ne craignait pas que la qualité de ses vers soient dépréciée par comparaison avec ceux de Corneille: il se situe dans une position d’égal à égal.

5) Paradoxalement, ce texte a permis à Pierre Louÿs et à ses disciples de développer un raisonnement par l’absurde: au lieu de prendre acte que, lorsqu’il y a collaboration entre deux auteurs aussi en vue que Molière et Corneille, cette collaboration ne peut être que publique, Louÿs a voulu au contraire se persuader que ce cas unique de collaboration publique était l’indice d’une collaboration secrète pour le reste de l’œuvre.

6) On remarquera qu’il a fallu attendre le XXe siècle pour voir apparaître un tel raisonnement par l’absurde: aucun des contemporains de Corneille et de Molière n’a songé, au lendemain de Psyché, que cette association publique pouvait cacher une association secrète.

7) soulignons encore une fois que ce texte qui insiste publiquement sur le fait que Molière a lui-même non seulement conçu la pièce et écrit le canevas, mais encore versifié lui-même de nombreuses scènes — lesquelles n’ont rien à envier à celles que Corneille a versifiées à sa suite —, ce texte donc est la plus belle preuve que Molière savait parfaitement versifier et n’avait nullement besoin de Corneille pour pouvoir le faire.

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Chapitre en cours: Relations entre Corneille et Molière (chap. 2)

Partie en cours: État de la question (Première Partie)




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