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L’analyse syntaxique prouverait que Molière, c'est Corneille et Quinault.


La thèse syntaxique

Deux universitaires du département de linguistique mathématique de l’université d’État de Saint-Petersbourg sont entrés en lice en 2008, du «côté» Louÿs : Elena Rodionova, qui a soutenu sur ce sujet une thèse de doctorat, et son directeur de thèse le Pr Mikhaïl Marusenko. On les découvrira sur le site suivant, consacré également à une poignée d’autres cas d’attributions littéraires, française et russes.

Ils soutiennent que, en comparant par l’analyse syntaxique les comédies en vers de Molière aux comédies de Corneille et à celles de Quinault, ils sont parvenus à prouver que Corneille a écrit plusieurs des comédies de Molière et que Quinault en a écrit d’autres, certaines des comédies restant non attribuables à l’un ou à l’autre de ces deux auteurs. En bref : syntaxiquement, Tartuffe ressemble à du Corneille, L’Étourdi ressemble à du Quinault, et Don Garcie de Navarre ne ressemble ni à du Corneille ni à du Quinault. Ces ressemblances vaudraient pour attributions.

Les Petersbourgeois ont évidemment développé un outil scientifique qui peut avoir des applications légitimes. Ils ont également beaucoup travaillé (une partie de l’analyse syntaxique se fait certainement à la main : aucun logiciel n’est capable de compter exactement le nombre de propositions subordonnées dans Tartuffe), et il a fallu compter, phrase après phrase, le nombre moyen de mots, de propositions, de subordonnées, de subordonnées relatives, de conjonctions de coordination, de pronoms sujets, de déterminants numéraux ou pronoms numéraux, etc.

Les comparaisons sont faites en utilisant des procédures mathématiques si élaborées que la partie mathématique de leur travail est incompréhensible pour un profane. Nous avons dû pour pouvoir évaluer leur méthodologie et juger leurs conclusions consulter un spécialiste de mathématiques.

On remarque que leurs attributions contredisent pour partie celles qui résultent des analyses lexicométriques incomplètes et biaisées de D. Labbé (voir la page précédente), puisqu'elles attribuent une partie des pièces de Molière à Quinault, alors que M. Labbé veut que tout ait été écrit par Corneille. Mais, en même temps, ces contradictions entre les résultats de Mme Rodionova et ceux de M. Labbé confirment les conclusions des travaux des vrais spécialistes de lexicométrie que sont MM. Étienne Brunet et Charles Bernet: pour des textes aussi contraints que sont les pièces de théâtre en vers du XVIIe siècle les statistiques lexicales pas plus que les statistiques syntaxiques ne peuvent servir à des travaux d'attribution; dans le meilleur des cas, ils permettront de découvrir que ces textes sont des comédies (ou des tragédies) écrites par des auteurs qui ont vécu au XVIIe siècle et qui écrivaient en vers…

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