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La prétendue disgrâce de la dernière année de la vie de Molière.


Pour des raisons obscures, les disciples de Louÿs (habitués il est vrai à aller de raisons obscures en raisons obscures) tiennent à souligner que les derniers mois de la vie de Molière furent assombris par divers malheurs, en particulier une disgrâce. On ne voit pas en quoi cette prétendue disgrâce concerne la "théorie Corneille". On apportera néanmoins quelque éclaircissement à cette vieille légende, que les disciples de Louÿs souhaitent manifestement réactiver (voir en particulier la navrante apologie de la théorie de Louÿs dans le livre Ôte-moi d'un doute de Goujon-Lefrère, p.225).

Si Louis XIV ne commande pas en 1672 le prochain spectacle en musique du carnaval à Molière, qui décide de produire lui-même pour son théâtre et non pour une fête de cour son Malade imaginaire, c'est qu’il a accordé un privilège exclusif à Lully pour ce type de spectacle en musique (et qu’il se considère, en tant que roi de France, comme le gardien des privilèges). Ne pouvant se soustraire à une règle qu'il vient lui-même de promulguer, Louis XIV ne peut plus désormais demander à Molière de créer une grande pièce en musique et avec ballets. Pour autant ses relations avec Molière n'ont en rien changé. Car, loin que Molière soit en disgrâce et privé de sa pension, il obtient au printemps de 1672 un assouplissement des conditions faites aux autres théâtres que celui de Lully pour le nombre de musiciens et de danseurs afin de pouvoir concevoir en toute liberté Le Malade imaginaire. Et surtout, tandis qu'il est en train de préparer ce nouveau spectacle, lui et sa troupe sont encore invités à deux reprises à Versailles devant le roi et la Cour:

- 17 septembre: visite à Versailles pour une représentation des Femmes savantes.

- 24 septembre: visite à Versailles pour représenter L’Avare.

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Partie en cours: L'invention de Pierre Louÿs, ses arguments et ceux de ses disciples (Deuxième Partie)




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