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La question de ses sollicitations financières.


Concernant le fait qu’on ait conservé deux lettres de sollicitations financières de Corneille, l’une à Pellisson en 1659 (Corneille espérait une gratification du surintendant Fouquet, mécène qui gratifiait beaucoup d’hommes de lettres à la même époque: nombre de lettres du même type ont été écrites par Scarron) et l’autre à Colbert en 1678 (déplorant que la gratification royale ne lui ait plus été versée depuis 1674).

On en a déduit que Corneille n’a pas sollicité pendant la période où Molière triomphait à Paris et on y a vu une troublante coïncidence.

La réponse est pourtant simple, et sans mystère. Si du vivant de Molière, sa gratification fut régulièrement versée à Corneille, c’est que, au moment de la création du système des gratifications (1663), Louis XIV n’était pas encore engagé dans de dispendieuses guerres, comme la guerre de Hollande qui débuta justement en 1672. Durant les années 1660 les gratifications étaient versées (souvent avec une ou deux années de retard, Corneille, justement ironisa sur ce point) tout en se réduisant: dès 1667, par exemple, Thomas Corneille n’a plus été inscrit sur la liste des gratifications. À compter de 1673, les gratifications aux gens de lettres se réduisent encore plus et sont versées encore plus irrégulièrement, en particulier aux écrivains qui ne sont pas directement en contact avec Louis XIV, ce qui est le cas de Corneille. Sa gratification ne lui fut plus versée à compter de 1674. On comprend que Corneille ait fini par réagir auprès de Colbert (responsable des gratifications): une gratification annuelle de 2000 livres (l’équivalent de 22.000 euros) est une somme considérable pour une époque où un laquais (le mieux rétribué des gens du peuple) vit avec 120 livres par an. Il s’agit d’un véritable trou dans les revenus d’un grand bourgeois, d’autant plus injuste que l’on continuait de représenter ses pièces devant le roi et la Cour. Corneille finira par avoir gain de cause: sa gratification fut rétablie durant les trois dernières années de sa vie.

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