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Réfutation.


Pour le lecteur qui ne voudrait pas se lancer d'emblée dans la critique détaillée de la thèse des Petersbourgeois (voir au bas de cette page le renvoi au travail de François Pagès), nous proposons la présentation rapide de trois de ses principaux défauts, chacun d'eux suffisant à en révéler le caractère non opératoire :

Premier défaut. Les Pétersbourgeois évaluent la syntaxe moyenne chez Corneille, la syntaxe moyenne chez Quinault. Ils trouvent essentiellement une différence : il y a plus de subordonnées chez Corneille que chez Quinault.

La moindre des choses de leur part aurait été de donner les chiffres pour chaque pièce de Corneille et pour chaque pièce de Quinault. Cela seul leur aurait permis de montrer que la syntaxe, chez Corneille est un trait constant (c’est-à-dire, selon leur raisonnement, que c’est bien Corneille qui a écrit toutes les pièces de Corneille…).

Ils ne le font pas : ils ne donnent les chiffres que pour l’ensemble des pièces de Corneille (alors que, pour avoir les chiffres sur l’ensemble, il leur a fallu compter dans chaque pièce…). S’ils ne le font pas, c’est évidemment qu’il y a une raison, et cette raison ne peut être que celle-ci : les chiffres doivent être mauvais; ils ont probablement révélé que L’Illusion comique possède une syntaxe si différente de celle du Menteur que probablement les deux pièces n'ont pas dû être écrites par le même auteur… Cherchant à confirmer leur thèse de départ, à savoir que Molière, c’est Corneille et Quinault, il semble bien qu'ils aient malgré eux découvert que Corneille n’existe pas…

Deuxième défaut. Cela dit, même si les chiffres relatifs à chacune des pièces de Corneille étaient "bons", en quoi cela leur conférerait-il valeur de preuve ? Même si Tartuffe ressemblait au plan syntaxique à telle comédie de Corneille, en quoi cela pourrait-il prouver que c’est Corneille qui l’a écrit. Depuis quand une ressemblance a-t-elle valeur d'identité? Surtout lorsque cette ressemblance est simplement fondée sur le nombre de subordonnées par phrase…

Troisième (mais en fait premier) défaut. Le fait que Corneille et Quinault soient l’un et l’autre auteurs de pièces attribuées à Molière, loin d'être le résultat de la démarche des auteurs, en est l'un des deux points de départ. La procédure mathématique qu’ils emploient est propre à distribuer des objets M [Molière] sur des ensembles C [Corneille] et Q [Quinault] quand on sait déjà que ces objets M appartiennent à C ou à Q. Autrement dit, toute la machinerie syntaxico-statistico-mathématique déployée par les auteurs de ce travail consiste à vérifier un présupposé et non pas à répondre à une vraie question.

Conclusion.

Les Pétersbourgeois ont développé une technique : le traitement mathématique de l’analyse syntaxique. Ils ont voulu lui conférer une légitimité internationale en tentant de montrer qu'elle pouvait servir à "prouver" quelque chose. Leur tort a été de partir de la "théorie Corneille" de Pierre Louÿs et de ses disciples en faisant comme si elle était avérée, ce qui les a conduit à ne rien démontrer d'autre que ce qui était postulé au départ. De ce fait, leur démonstration selon laquelle les pièces de Molière "appartiennent" les unes à Corneille et les autres à Quinault, étant élaborée à partir du postulat initial selon lequel les pièces de Molière "appartiennent" soit à Corneille soit à Quinault, n'est de nature ni à infirmer ni même à confirmer l'état de nos connaissances avérées depuis le XVIIe siècle, à savoir que Molière est bien l’auteur des œuvres qu’il a fait jouer et qu’il a publiées.

On pourra donc consulter ici l'analyse des travaux des Pétersbourgeois entreprise au printemps 2011 par François Pagès: Mini-mémoire de master exposant et réfutant leur théorie

Références : articles des Pétersbourgeois :

français:http://www.corneille-moliere.org/pdf/confirmationstpetersbourg.pdf

anglais:http://www.corneille-moliere.org/pdf/mathematicalmethod.pdf

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Partie en cours: Le témoignage des textes (Troisième Partie)




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