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Une rapide orientation pour le visiteur pressé


Le calcul de la distance intertextuelle proposé en 2001 par Dominique et Cyril Labbé aurait l’avantage, selon ses auteurs, non seulement de mesurer la similitude entre des textes, mais, lorsque l’indice obtenu atteint certaines valeurs, d’établir la paternité des textes considérés. C'est par cette méthode qu'ils prétendent être parvenus à démontrer que Pierre Corneille serait l’auteur de la plupart des comédies de Molière. Cet indice, fondé sur les seules données lexicales, et étalonné empiriquement à partir d’un corpus ne comportant qu’un nombre limité de textes du XVIIe siècle, a fait l’objet de réserves et de critiques de la part de tous les autres spécialistes de statistiques lexicales. Ces réserves et critiques ont porté

— sur la fiabilité de la méthode (voir p. ex. un texte de Jean-Marie Viprey)

— sur la validité de la démarche (Étienne Brunet, «Où l’on mesure la distance entre les distances ») ; le même auteur revient sur un point de méthode dans «Muller le lexicomaître»)

— ou encore sur les conclusions étonnantes auxquelles il peut mener (Charles Bernet, «La “distance intertextuelle” et le théâtre du Grand Siècle»).

D’autres études quantitatives portant sur la métrique (Valérie Beaudouin et François Yvon, «Contribution de la métrique à la stylométrie»), sur les mots placés à la rime (Charles Bernet, «Hasards de la rime) » ou sur la répartition des caractères textuels (Stephan Vonfelt, «Le graphonaute ou Molière retrouvé») mettent en évidence des différences manifestes entre les deux auteurs.

Le lecteur qui voudra en savoir un peu plus sur la pathétique impasse dans laquelle s'est enfermé D. Labbé, devenu un des plus fervents disciples de Pierre Louÿs, pourra lire la page suivante. Il y retrouvera les liens vers les principaux travaux qui invalident les analyses et les conclusions de D. Labbé, en particulier la récente étude de Ch. Bernet, citée ci-dessus («La distance intertextuelle et le théâtre du Grand Siècle»), dont la conclusion principale est sans appel:

Les expériences rapportées dans ce travail invalident les conclusions de Cyril et Dominique Labbé et montrent que la lexicologie quantitative n’apporte pas d’arguments en faveur des «intuitions» de Pierre Louÿs.

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Partie en cours: Le témoignage des textes (Troisième Partie)




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