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Vers la réfutation.


Repartons de la «théorie Corneille» échafaudée par Pierre Louÿs et reprise par ses disciples, telle que nous l'avons résumée: 1) une collaboration entre Molière et Corneille est officiellement attestée en 1671 à propos de Psyché; 2) il faudrait donc en déduire qu’elle cache une collaboration secrète antérieure; 3) il reste à faire feu de tout bois pour « prouver » cette déduction.

Ainsi, par-dessus le tissu des affirmations disparates et des déductions hasardeuses de Louÿs, ses disciples tissent une accumulation de nouvelles affirmations, de mots ou de faits tirés hors de leur contexte et de déductions hasardeuses. Ainsi, ils ont découvert des lettres d’un correspondant de Corneille et de Molière, un certain François Davant, lequel, dans une lettre à Corneille, qualifie Molière de «votre associé» et «votre second» : loin de citer l’intégralité des lettres où l’on découvre que l’épistolier parle uniquement du cas de Psyché — c’est-à-dire toujours cet unique cas de collaboration connue, officielle et proclamée —, les disciples de Louÿs n’invoquent que les mots d’associé et de second (hors de tout contexte) comme prétendue « preuve » d’une collaboration générale et d’une subordination de Molière à Corneille.

C’est pourquoi on trouvera toujours cité dans le présent site l’intégralité des textes invoqués : c’est avec des mots tirés de leur phrase ou des phrases tirées de leur paragraphe ou des paragraphes tirés de leur contexte global que l’on fait dire aux textes le contraire de ce qu’ils disent.

Inversement, il suffit de lire dans leur intégralité les textes que les disciples de Louÿs citent de façon tronquée ou biaisée pour découvrir qu'ils confirment tous que Molière est l'auteur des œuvres de Molière.

Terminons d’un mot cette entrée en matière. On aura remarqué que Louÿs et ses disciples

1) prétendent que Molière aurait été trop inculte pour pouvoir écrire les chefs-d’œuvre qu’on lui reconnaît

2) invoquent en même temps comme unique véritable preuve de collaboration entre Corneille et lui le cas de Psyché.

Mais ils négligent de signaler que cette preuve contredit absolument leur hypothèse de départ : il est officiellement affirmé dans l’avertissement de Psyché non seulement que Molière a conçu la pièce jusque dans le détail, mais aussi qu’il a lui-même versifié l’acte I entier et les deux premières scènes de l’acte II et de l’acte III. Dès lors, de deux choses l’une : ou bien Molière était inculte et dans ce cas il n’aurait pas pu versifier la moindre scène de Psyché (or les scènes dont il est intégralement responsable sont aussi gracieusement écrites que les scènes versifiées par Corneille) ou bien…

On verra que ce n’est pas la moindre des contradictions auxquelles aboutit la négation de l’auctorialité de Molière…

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